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  • Les créatures du Lagon Noir

Une nouvelle maison d'édition aixoise de poésie

La maison d’édition indépendante des Épousées par l’écorce est née à Aix-en-Provence en 2022 du désir de donner voix et voir, dans la grande tradition des collaborations entre poètes et artistes chère à la deuxième moitié du vingtième siècle, à des ouvrages de qualité articulant textes et images, poèmes ou proses brèves et créations visuelles d’artistes contemporains (arts plastiques, arts numériques, peinture, photographie…). Chaque livre, confectionné avec soin et à tirage numéroté à la main, donne la parole au dialogue entre un écrivain et un artiste sans que les images soient de simples illustrations des textes ni les seconds des commentaires des premières. Le volume imprimé est le produit d’une élaboration bicéphale trouvant sa réalisation dans un objet unique dans sa confection et exigeant dans sa manufacture. On tient entre les mains un beau livre, le livre étant aussi un objet source de multiples plaisirs, visuels mais aussi tactiles ou... olfactifs.


25 €

30 x 30 cm

46 pages

350 grammes

15 illustrations couleur pleine page

Munken Rough Pure (150 g) et Rives (300 g)

Edition numérotée et limitée



Le premier livre des Epousées par l'écorce est paru il y a quelques jours. Ptérodactyles/Logistics : The Extend est le fruit de la rencontre entre deux gestes artistiques apparemment très éloignés l'un de l'autre. L'écriture poétique d'Etienne Vaunac se place au milieu de la présence des êtres et des choses animales, florales, minérales, fossiles ou rudérales, pour y développer un lyrisme « stélaire » célébrant un pays ancien et venu à son terme – terme qui est aussi son sort de mots dans la langue. Les ptérodactyles sont des dactyles, des régimes de versification. Grégory Chatonsky, de son côté, a généré des images dans un secteur de l'espace latent de DALL-E 2 : représentant des corps dont on devine l'humanité dans un désert iridescent et pollué. Monde au bord de l'épuisement où les figures semblent méditer sur d'étranges tapis de yoga, comme à la poursuite d'un rêve ou d'une hallucination collective. L'artiste participera en janvier à une exposition collective au musée Granet d'Aix-en-Provence dans le cadre de la troisième Biennale des arts numériques.


Du texte aux images, le souci des métamorphoses relie explosivement, fixement, l'artiste et le poète. Tous les registres de transformations des corps les uns dans les autres, d'évanouissements et de résurgences, d'émergences et d'éloignements, toutes les fluidités, les liquidités et liquidations, aqueuses, phonatoires, plastiques. Ce livre est l'espace où se déploie leur conversation muette autour de la question de l'extinction : extinction écocide des espèces, extinctions post-humaniste de l'être humain - recto et verso d'un même mouvement historique, peut-être. Extinction : mais aussi extension de ce qui arrive à terme, c'est-à-dire à la fois à sa fin et à son expression dans la langue (les dactyles sont également des vers de la poésie latine).



Le poète Étienne Vaunac a publié récemment Le Monde naturel aux éditions du Lierre embrassant la muraille (2021) et collabore notamment à la revue de poésie Place de La Sorbonne. Il pratique une écriture vernaculaire attachée aux présences sensibles et à une certaine simplicité de la forme pour témoigner d’un monde s’éloignant dans la perte : terrestrement habite l’homme dans la poésie. L'artiste Grégory Chatonsky réalise des objets entre matérialité et numérique et a exposé au Palais de Tokyo, au Centre Pompidou, au Jeu de Paume, au MOCA Taipei ou encore au Hubei Wuhan Museum. Dans le cotexte d’une extinction de l’espèce humaine, le réseau apparaît comme une tentative pour créer un monument par anticipation qui continuerait après notre propre disparition.


Voilà un livre magnifique à venir découvrir d'urgence à Lagon Noir et qui ferait un magnifique cadeau au pied du sapin !


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